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Q1) Qu'est ce que l'ESB, dite maladie de la « vache folle » ?

Q2) Comment la maladie s’est-elle développée ?

Q3) Qu’est-ce que la tremblante du mouton ?

Q4) La maladie est-elle contagieuse ?

Q5) Certaines races bovines sont-elles plus exposées au risque que d’autres ?

Q6) Pourquoi a-t-on utilisé les farines animales dans l'alimentation animale ?

Q7) Depuis quand les bovins ne consomment-ils plus de farines animales ?

Q8) Pourquoi vient-on de procéder à une suspension temporaire et générale de l’utilisation des farines animales pour l’alimentation animale ?

Q9) Par quoi va-t-on remplacer les farines animales pour les animaux qui en consommaient encore ?

Q10) Est-il vrai que la présence d’une petite quantité de farines animales dans l’alimentation des ruminants était tolérée ?

Q11) L’herbe est-elle contagieuse ?

Q12) A quoi sert le programme de recherche actuellement en place en France ?

Q13) Pourquoi ne pas systématiser dès à présent l’usage des tests de dépistage pour tous les bovins ?

Q14) Pourquoi abattre tout le troupeau dans lequel un cas d'ESB est détecté ?

Q15) Combien de cas d’ESB y a-t-il en France à ce jour ?

Q16) Combien de cas de vaches folles ont été identifiées en Europe? (au 27 novembre 2000)

 

LES REPONSES

Question 1 : Qu'est ce que l'ESB, dite maladie de la " vache folle " ?
Réponse : ESB signifie " Encéphalopathie Spongiforme Bovine " ; c'est le nom scientifique d'une maladie plus couramment appelée " maladie de la vache folle ", et dont le premier cas a été découvert en Grande-Bretagne en 1986.C'est une affection dégénérative du système nerveux central des bovins, à l'heure actuelle incurable. L'ESB se caractérise par l'apparition de symptômes nerveux sur des animaux adultes qui conduisent progressivement, entre un et six mois, à leur mort. La durée d'incubation n'est pas connue avec précision mais semble toujours longue, de l'ordre de 5 ans. Les responsables de la maladie sont des agents infectieux appelés prions pathologiques. Ils sont présents dans certaines parties du corps de l'animal comme les yeux, la cervelle, la moelle épinière et l'iléon (c'est une partie de l'intestin).


Question 2 : Comment la maladie s'est-elle développée ?
Réponse : L'ESB est une maladie récente dont l'origine exacte fait encore débat. Deux hypothèses sont notamment envisagées :· selon la première, l'épidémie britannique serait due à l'incorporation de cadavres de moutons atteints d'une maladie appelée " tremblante " dans les farines consommées par des bovins. L'agent infectieux de la tremblante se serait adapté à l'espèce bovine pour développer une maladie spécifique · la seconde hypothèse est que l'ESB serait une maladie préexistante. On envisage dans ce cas que la maladie aurait existé bien avant l'épidémie britannique à l'état sporadique (c'est-à-dire sous la forme de cas isolés). L'utilisation de cadavres d'animaux atteints dans la fabrication de farines recyclées pour l'alimentation des bovins aurait donc eu un effet amplificateur considérable d'une maladie existant préalablement mais alors non identifiée.


Question 3 : Qu'est-ce que la tremblante du mouton ?
Réponse :
C'est une maladie qui affecte les ovins et les caprins ; elle est connue depuis presque 3 siècles dans presque tous les pays du monde. Elle appartient, comme la maladie de Creutzfeld-Jacob chez l'homme et l'ESB chez les bovins, au groupe des Encéphalopathies Spongiformes Subaigües Transmissibles (ESST). La tremblante se caractérise par une dégénérescence du système nerveux central, et tire son nom d'un de ses symptômes majeurs qui est le tremblement.


Question 4 : La maladie est-elle contagieuse ?
Réponse : La maladie est certes transmissible, c'est à dire qu'elle peut se transmettre d'un animal à l'autre dans certaines circonstances, mais cela ne veut pas dire qu'elle soit contagieuse. En effet, elle ne se transmet pas par le simple contact, direct ou indirect, avec les substances organiques telles que la salive ou l'urine provenant d'un animal malade.


Question 5 : Certaines races bovines sont-elles plus exposées au risque que d'autres ?
Réponse : Les bovins, qu'ils soient de race laitière, mixte ou à viande, sont susceptibles de développer la maladie. Mais les vaches laitières ont été soumises à un risque plus important car on incorpore plus souvent des compléments alimentaires dans leurs rations. Ces compléments pouvaient contenir des farines animales jusqu'en 1990 et c'est pourquoi la majorité des cas d'ESB concerne des vaches laitières.


Question 6 : Pourquoi a-t-on utilisé les farines animales dans l'alimentation animale ?
Réponse : Les farines animales sont une source majeure de protéines, puisque la teneur protéique des farines de viande est de 50 à 65%, alors que celle du tourteau de soja ne dépasse pas 50%. Elles présentent par ailleurs l'avantage d'avoir une teneur en lipides assez élevée, et elles sont donc une matière première à la fois protéique et énergétique pour l'alimentation animale.L'utilisation des farines est une pratique qui existe depuis la seconde guerre mondiale et qui s'est développée à partir de 1973. Leur emploi est resté toutefois relativement limité en France où les protéines végétales ont toujours été privilégiées. Il faut préciser que les farines n'ont jamais été présentes telles quelles dans la mangeoire des animaux, mais qu'elles servaient simplement d'ingrédient pour la fabrication des aliments composés.


Question 7 : Depuis quand les bovins ne consomment-ils plus de farines animales ?
Réponse : C'est en 1990 que la décision a été prise d'interdire les farines animales dans l'alimentation des bovins, pour éviter de recycler le prion pathogène dans cette espèce. En décembre1994, cette interdiction a été étendue à l'ensemble des ruminants (bovins, ovins et caprins), et depuis cette date, seuls les porcs, les volailles et les lapins pouvaient encore consommer des farines animales. Le 14 novembre 2000, le gouvernement a décidé de suspendre l'utilisation des farines animales pour l'ensemble des animaux terrestres d'élevage.


Question 8 : Pourquoi vient-on de procéder à une suspension temporaire et générale de l'utilisation des farines animales pour l'alimentation animale ?
Réponse : C'est l'apparition de cas d'ESB chez des bovins nés après les interdictions de 1990 et de 1994 qui a mis en évidence la possibilité pour les bovins de consommer encore des farines animales. C'est pourquoi le Gouvernement à décidé le 14 novembre 2000 la suspension généralisée de l'utilisation des farines animales.Cette possibilité pour les bovins de continuer à avoir accès aux farines animales aurait essentiellement été liée à : · des contaminations dites " croisées ", survenant surtout lors de la fabrication et du transport des aliments pour bovins · des pratiques frauduleuses.


Question 9 : Par quoi va-t-on remplacer les farines animales pour les animaux qui en consommaient encore ?
Réponse : Le remplacement des farines animales suppose une utilisation plus massive des protéines végétales comme le pois fourrager, les tourteaux de soja, de colza ou encore de tournesol. Or les capacités européennes de production sont aujourd'hui insuffisantes pour assurer la totalité de cette substitution. Il faudra donc avoir recours, au moins dans un premier temps, à une importation plus importante de produits, et notamment de soja, en provenance du Brésil et des Etats-Unis.


Question 10 : Est-il vrai que la présence d'une petite quantité de farines animales dans l'alimentation des ruminants était tolérée ?
Réponse : Non, c'est inexact. Le problème vient du fait que la méthode de mise en évidence des farines animales dans un aliment composé (densimétrie), comme toute méthode de prélèvement et d'analyse, comporte des marges d'erreur. Compte tenu de cette marge d'erreur, seuls les résultats relevant une présence supérieure à 0,1 % de fragments d'os (soit 0,3 % de farine de viande et d'os) sont systématiquement transmis à l'autorité judiciaire pour des poursuites contentieuses. Cependant, pour un résultat inférieur à 0,3% de farine de viande, l'entreprise est mise sous contrôle renforcé et il lui est demandé de prendre des mesures correctrices.


Question 11 : L'herbe est-elle contagieuse ?
Réponse : L'herbe n'est pas contagieuse, ni contaminante


Question 12 : A quoi sert le programme de recherche actuellement en place en France ?
Réponse : Pour renforcer les mesures de surveillance et de dépistage de la maladie, le Gouvernement a lancé en juin 2000 un vaste programme de recherche. Il consiste à tester 48 000 animaux de plus de 2 ans considérés comme étant à risque, parce qu'ils sont morts à la ferme, qu'ils ont dû être euthanasiés ou abattus d'urgence. Ce programme d'une ampleur inégalée en Europe poursuit un double objectif :· faire avancer la connaissance scientifique sur l'étendue de la maladie en France · permettre une évaluation et une comparaison de l'efficacité des différents tests existants afin de s'orienter vers leur généralisation à grande échelle.


Question 13 : Pourquoi ne pas systématiser dès à présent l'usage des tests de dépistage pour tous les bovins ?
Réponse : Les tests de dépistage dits " rapides " sont aujourd'hui utilisés dans le cadre d'un programme de recherche. Il existe à ce jour trois tests agréés : un test irlandais (Enfer), un test français commercialisé par la société Biorad, et un test suisse (Prionics) ; c'est ce dernier qui a été retenu pour le programme de recherche français.Le principe commun de ces tests est de déceler rapidement la protéine anormale qui s'accumule dans le cerveau des bovins atteints de l'ESB. Mais ces tests ne peuvent actuellement détecter la présence du prion dans le système nerveux central de l'animal atteint qu'à un stade tardif de l'évolution de la maladie, c'est à dire durant la dernière phase d'incubation (soit 6 mois avant l'apparition des signes cliniques). C'est pourquoi un résultat négatif à ces tests ne permet pas d'avoir la certitude que l'animal est sain, et ne représente donc pas une garantie totale pour le consommateurPar ailleurs, la mise en place d'un dépistage systématique à l'entrée de la chaîne alimentaire posera sans doute d'importantes difficultés de réalisation en raison du nombre très élevé de bovins à tester. Cependant, le Gouvernement étudie actuellement les modalités pratiques de mise en œuvre d'une telle mesure (population à tester, procédures…) également envisagée par la Commission européenne en vue de son application à l'ensemble des pays européens.


Question 14 : Pourquoi abattre tout le troupeau dans lequel un cas d'ESB est détecté ?
Réponse : Les bovins sont élevés en troupeau, et il est raisonnable de penser que le troupeau dans lequel un cas d'ESB est identifié a été nourri et élevé dans les mêmes conditions que l'animal malade. Il est donc actuellement procédé par précaution à son abattage total. L'AFSSA a mis en place un protocole de recherche, utilisant les tests rapides, afin d'étudier en détail les troupeaux dans lesquels un cas d'ESB a été identifié. Ce programme permettra de mieux connaître l'incidence de la maladie en fonction de certains facteurs de risque, et permettra de réévaluer les différentes mesures concernant l'abattage sanitaire des troupeaux.


Question 15 : Combien de cas d'ESB y a-t-il en France à ce jour ?
Réponse : A la date du 27 novembre 2000, la France a recensé 192 cas d'ESB depuis 1991, année de mise en évidence du premier cas. 112 de ces cas ont été identifiés depuis le début de l'année 2000, une partie dans le cadre du réseau d'épidémio-surveillance classique (70 cas) et l'autre dans le cadre du programme national de recherche scientifique (42 cas).A titre indicatif, la Grande-Bretagne a déjà recensé près de 180 000 cas d'ESB depuis 1986.


Question 16 : Combien de cas de vaches folles ont été identifiées en Europe?(au 27 novembre 2000)
Réponse : Globalement depuis 1989,
· 180 000 au Royaume-Uni
· 19 en Belgique
· 500 en Irlande
· 2 au Danemark
· 192 en France
· 2 au Liechtenstein
· 1 au Luxembourg
· 7 aux Pays-Bas
· 452 au Portugal
· 357 en Suisse
· 2 en Allemagne (et 6 cas importés)
· 2 en Espagne

 

     

 


 

 

 

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